« Le travail social vise à permettre l’accès des personnes à l’ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale et à exercer une pleine citoyenneté. » nous dit l’article D142.1-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles. Mais cette définition reste froide par le silence qu’elle entretient autour des dimensions sensibles du travail social.

Qu’entend-on par « sensible » ? Il s’agit de prendre en compte toutes les dimensions de la relation :

  • La manière dont les interlocuteurs se laissent toucher par l’autre, cette place que chacun laisse ouverte en soi pour accueillir autrui.
  • La manière dont notre sensibilité autorise notre corps et notre esprit, nos sens, à ressentir les ressentis de l’autre, cette façon de ne pas se blinder face à la souffrance d’autrui.
  • La manière dont nos perceptions – toujours avant tout sensorielles – influent la relation, cette capacité à dépasser les premières impressions – accueillantes ou rejetantes – pour que la relation devienne possible.
  • La manière d’ouvrir la compréhension des phénomènes à l’infime, à l’indicible, aux choses cachées en cultivant une sensibilité du minuscule.
  • La manière de laisser place aux sentiments, d’accepter cette vulnérabilité qui habite chacun de nous et nos interlocuteurs qui est la condition d’un compagnonnage.

Bref, intégrer le sensible dans le travail avec et pour autrui, c’est reconnaître la capacité de s’émouvoir de ce qui se passe, non pour maîtriser nos émotions mais pour s’en servir dans la dynamique relationnelle.

En outre, ces dimensions du sensible ne concernent pas uniquement la relation entre deux personnes, elles résident également au cœur des rapports collectifs et elles dépassent ces deux niveaux car elles constituent un élément essentiel de la possibilité de vivre ensemble.

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