La norme, dans un groupe humain, est ce qui permet le lien entre ses membres, constituant une sorte d’accord – formel ou non – qui a force de règle, le tout étant fondé sur un socle culturel partagé. Toute vie sociale produit continuellement des normes.
Là où la norme commence à poser problème, c’est quand elle se dégrade dans un système normatif qui génère de l’exclusion et de la stigmatisation. De « normale », la vie en société devient « normative » et ouvre la voie à tous les ostracismes, racismes ou xénophobies de tout poil.
Progressivement, dans une société qui ne travaille plus suffisamment ses seuils de tolérance pour conserver le cap humaniste de la démocratie, la norme se substitue à l’intelligence individuelle et collective. Elle occupe l’intégralité du champ des prescriptions comportementales en excluant tout esprit critique.
Et pourtant, cette norme facteur d’intolérance, ne parvient pas à régir tous les comportements.
Fort heureusement !
Entre normes et comportements subsiste un écart salvateur. La dictature normalisante se heurte sans cesse aux attitudes réelles des sujets sociaux. Que ce soit dans le registre de la distance critique, de l’autonomie ou de l’ajustement dans une version « soft » ou dans la subversion, la transgression ou la désobéissance dans une version « hard », les comportements interrogent les normes, les travaillent, les font évoluer.
Le travail social est particulièrement concerné par cette mise au travail des normes. Ne serait-il pas un contre-feux nécessaire pour que la norme reste un espace de négociation sociale et non une contrainte totalitaire ?

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