La culture du résultat est sans doute le symptôme le plus visible d’un monde soumis au principe positiviste de la rationalité instrumentale. Héritant des fondateurs des philosophies occidentales, nous persistons à croire que le chemin le plus court d’un point à un autre est la ligne droite. Du problème à la solution, il n’y a qu’une seule bonne voie. L’objectif doit être atteint, c’est la condition de la réussite. Toute autre considération serait signe de paresse ou de veulerie. Il faut atteindre le résultat visé !

C’est ainsi que sont dressés des « cahiers des charges » ou des « feuilles de route » qui déterminent un résultat à obtenir et une voie (souvent unique) pour y parvenir. C’est ainsi également que sont élaborées des « procédures d’évaluation » ou des « démarches qualité » pour disposer d’indicateurs permettant de mesurer la bonne atteinte des résultats attendus.

Tous ces instruments, imposés aux établissements et services sociaux et médico-sociaux, ne semblent cependant pas en mesure de garantir la conquête du résultat, ni même de comprendre ce qui se passe dans cette quête du graal.

Fort heureusement !

Le résultat, en travail social, n’est pas un élément tangible, quantifiable et totalement identifiable. Nous pourrions plutôt dire que le résultat, en ce domaine relativement insaisissable de la relation à autrui, est une série d’effets qui se combinent de manière complexe : issue attendue bien sûr mais aussi conséquences non prévues, phénomènes surprenants, dommages collatéraux, ondes de chocs plus ou moins discrètes, prolongements imprévus de l’action, réussites non attendues ou dans d’autres plans que ceux du départ, etc. C’est pourquoi, dans une perspective systémique, il semble plus riche de parler d’effets que de résultats.

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