Face à l’incertitude, la procédure apparaît comme le point fixe sur lequel appuyer les pratiques d’une organisation. Le problème, c’est que nous vivons dans un monde de plus en plus incertain et dans des contextes de plus en plus mouvants. Les organisations produisent ainsi de plus en plus de procédures. Cette inflation normative envahit les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Les pratiques professionnelles font l’objet de protocoles de plus en plus précis, les parcours de vie des personnes accompagnées deviennent des trajectoires encadrées, le fonctionnement des organisations se trouve de plus en plus codifié et standardisé. La procédure encadre tout.
C’est une illusion que de croire en cette chimère. La procédure ne produit pas, loin de là, les effets escomptés.
Fort heureusement !
Si la procédure fonctionnait pleinement, quelle serait la marge de manœuvre restante pour les acteurs, ceux qui transforment la procédure en actes concrets sur le terrain ? Si la procédure peut faire repère, c’est-à-dire éviter la perte d’énergie que produit l’incertitude ou le flou, elle ne peut être un carcan qui enferme l’acteur dans une reproduction mécanique d’actions formatées une fois pour toute.
Le travail avec et pour autrui suppose des marges d’initiatives, des espaces d’inventivité, une autonomie relative. Cessons donc de produire de la procédure pour nous rassurer à bon compte et imaginons plutôt des espaces ouverts à l’innovation pour permettre aux pratiques de s’ajuster en permanence à ce monde incertain et à ces contextes mouvants.

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