Comment tolérer, dans notre culture de l’hyper-modernité – synonyme de maîtrise de toute chose –, que le futur nous échappe encore ?
La prévision s’impose dans toutes les modalités de gestion, de l’entreprise à la vie sociale, de l’économie à la culture… Toute chose doit être planifiée, programmée, anticipée, prévue dans ses moindres détails.
Pour le secteur social et médico-social, il en va de même en ce qui concerne les dotations budgétaires (qui doivent être maîtrisées), les files actives d’usagers (qui doivent être limitées et cadrées), les ouvertures de places dans les structures (qui doivent rester raisonnables).
Le seul problème, c’est que ces prévisions se révèlent, la plupart du temps, irréalisables, irréalistes ou, dans le pire des cas, inadaptées.
Fort heureusement !
Le jour où les politiques sociales pourront prévoir sans faute et sans reste les moyens ajustés aux besoins, cela signifiera que notre vie sociale est morte. Car le prix à payer de la vitalité d’une société qui ne cesse de se régénérer, de se transformer, de se façonner en fonction des évènements qui la traversent, c’est précisément l’imprévisibilité.
En ce domaine, les établissements et services sociaux et médico-sociaux sont les révélateurs de cette dynamique sociétale : d’une part ils mettent à jour les besoins sociaux et leurs évolutions, d’autre part, ils sont au premier plan des transformations sociales en portant constamment le souci d’accompagner ceux que le système pourrait laisser sur le bord du chemin.
Il ne s’agit donc pas d’établir des prévisions fiables mais de se doter des moyens d’accompagner les ajustements nécessaires en permanence pour la construction sociale.

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
()
x
Shares