C’est le monde de l’entreprise « classique » qui a imposé ses références aux établissements et services sociaux et médico-sociaux. C’est ainsi que toute bonne structure doit se doter des moyens de « gérer ses ressources humaines ». Les professionnels sont ainsi devenus des ressources à mobiliser au service des personnes accueillies. Bien gérés – c’est-à-dire organisés, optimisés, rationalisés, performés –, les moyens humains – c’est-à-dire l’homme réduit à une dimension instrumentale – doivent permettre d’atteindre les résultats fixés. Tout manageur le sait, c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Les résistances, les oppositions, les divisions, les diversions, les subversions, bref, les relations, mettent à mal ce principe de « performance RH ».
Fort heureusement !
C’est une bonne nouvelle que les manuels de management n’ont pas encore comprise. L’humain résiste à sa déshumanisation instrumentale. L’aventure de la relation – fut-elle une relation de travail, voire même un lien de subordination – apporte toujours de l’imprévu.
Finalement, les compétences professionnelles ne peuvent être « gérées », elles demandent par contre à être reconnues, promues, valorisées pour que les acteurs de terrain soient en mesure d’investir pleinement les missions qui leurs sont confiées. Cette habilitation à agir suppose d’accepter l’aléa comme condition de l’action, la liberté comme facteur de sa réussite.

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