En avant pour l’inclusion ! Le concept fait florès. Nous parlons maintenant de société inclusive pour dessiner ce monde idéal où il n’y aurait plus ni pauvres ni riches, ni exclus ni inclus. L’inclusion a ses institutions qui garantissent l’accès de tous à des « plates-formes de services » captant des « clientèles ». Elle a ses afficionados qui ne parlent plus que « dispositifs de droit commun ». Elle a même ses fondamentalistes qui fustigent toute structure relevant d’un traitement particulier des personnes.
Mais ça ne marche pas. Les institutions dites de droit commun ne parviennent pas à inclure tous les citoyens. Les établissements et services sociaux et médico-sociaux, bien que dénoncés comme des lieux de ségrégation – donc, par un saisissant raccourci intellectuel, de non-droit – continuent à se révéler indispensables à l’accompagnement des personnes vulnérables.
Fort heureusement !
Fort heureusement car que serait une société totalement inclusive qui ne disposerait plus d’institutions intermédiaires ? Ce serait un monde où il n’y aurait plus d’espaces où se déploie la richesse des diversités, aucun interstice où les comportements peuvent interroger les normes dominantes, plus de ces libertés permettant à chacun de faire ses propres choix pour échapper à son destin.
Finalement, les établissements et services sociaux et médico-sociaux signent bien l’échec du fantasme possiblement totalitaire d’une société inclusive. Mais, ils manifestent également la réussite d’une société réellement inclusive qui reconnaît les différences et sait adapter les modalités de leur accompagnement dans des organisations idoines.

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