L’import dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux des concepts forgés par les qualiticiens de l’industrie a considérablement modifié les référentiels d’action. La Qualité (au singulier et avec une majuscule s’il vous plait !) est devenue l’alfa et l’oméga du secteur. Quoi de plus consensuel que d’affirmer que nous visons tous la qualité ?
Mais le bonheur promis n’est pas au rendez-vous… Les démarches d’amélioration continue de la qualité tendent parfois à s’enliser dans des procédures qui rigidifient le travail quotidien. L’illusion d’atteindre un jour le modèle parfait d’organisation et les bonnes pratiques professionnelles idéales s’envole devant les principes de réalité qui s’imposent aux équipes de terrain. La qualité apparaît plus polymorphe et délicate que ce que l’on pensait.Fort heureusement !
Le travail aux côtés des personnes accueillies et accompagnées suppose des conceptions plurielles de la qualité, capables de s’adapter à la singularité des situations. La Qualité n’existe pas ! Il y a des formes qualitatives qui s’inventent en chemin, évoluent et se modifient au gré des avancées de la relation à l’autre.
C’est paradoxalement cet échec relatif du mythe de la qualité qui fait que, au quotidien, se déploie un travail de grande qualité auprès des usagers, pour et avec eux. Il reste cependant à ce que les autorités chargées du contrôle des établissements et services sociaux et médico-sociaux réalisent qu’il ne sert à rien de continuer à poursuivre cette chimère pour, simplement, identifier et reconnaître l’art  qualitatif des professionnels du travail social.

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