Le sens commun alimente l’illusion selon laquelle celui qui a le pouvoir de décider le fait dans une certaine solitude. Au final, le chef serait toujours seul face à sa décision ! C’est même cette capacité à décider de manière autonome qui garantirait la qualité de son choix qui, ainsi, ne serait pas souillé par les rapports de forces, les jeux d’intérêts ou les aléas contextuels.
Mais tout cela n’est qu’un mythe visant, notamment, à renforcer la centralité du pouvoir.
Le fauteuil du chef où siège celui qui décide n’est pas vide. Il déborde même de liens d’influences, de pressions diverses, d’illusions, d’acteurs de tous poils, de rêves inassouvis, d’ambitions égotiques, d’enjeux de pouvoir, etc. Dans un tel fatras de dépendances une décision ne peut se prendre en toute autonomie.
Fort heureusement !
Car ce sont précisément ces liens de dépendances du décideur, et ces rapports d’influences qui font de la décision une médiation, un compromis ou une régulation selon les cas et permettent son ajustement fin avec les réalités. Le fait qu’il n’existe pas de décision ex-nihilo se révèle même être constitutif d’un socle démocratique. Car cela contribue à reconnaître toute la complexité de la genèse de tout processus décisionnel.

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