Quand un hiérarchique donne une consigne à un subordonné, l’hégémonie de la pensée simplificatrice lui fait croire que celle-ci va être appliquée. L’ordre institué est à ce prix : la bonne exécution des consignes à tous les niveaux de l’échelle hiérarchique.
Mais ce n’est pas ainsi que vont les choses. Passant à travers les strates de l’organisation, la consigne subit des transformations, des déformations. Passant de main en main entre les acteurs du système, la consigne se trouve appropriée, digérée.
Au final, ce n’est pas la consigne donnée qui est mise en œuvre mais une sorte de compromis entre les personnes, les forces et les intérêts en présence.
Fort heureusement !
Ce sont ces « traductions » de la consigne qui garantissent son efficacité. C’est parce que les subordonnés consacrent une part de leur énergie à subvertir les consignes qu’elles peuvent agir sur le terrain, qu’elles s’ajustent et gagnent ainsi un pouvoir opérationnel qui serait inexistant si l’application des consignes ne se faisaient que par un lien mécanique simple. Ne serait-ce pas cela l’intelligence collective à l’œuvre ?

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