Introduction

La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté intègre « l’aller vers » comme une « démarche qui se situe au-delà de toute intervention sociale » qui « rompt avec l’idée que l’intervention sociale ferait systématiquement suite à une demande exprimée », engageant les acteurs « à se situer dans une démarche proactive, pour entrer en relation » avec ces publics « non-demandeurs ».

Cette approche pose, me semble-t-il, deux questions :

  • « L’aller vers » doit-il être envisagé comme une simple démarche proactive ou ne doit-il pas plutôt se réfléchir dans toute la complexité de l’émergence d’une relation dans le cadre d’un travail avec et pour autrui ?
  • Si « l’aller vers » incite les acteurs du social à faire institution au-delà des murs des dispositifs d’intervention, ne doit-on pas rester prudents quant à un risque de quadrillage social des publics qu’ils soient, ou non, vulnérables, qu’ils soient, ou non, demandeurs ?

Sur la base de quelques éléments de réponse à ces deux questions qui tenteront de clarifier les raisons de la démarche, les modalités envisageables et leurs conditions de mise en œuvre, nous esquisserons une piste d’action possible : « L’aller vers » invite les professionnels à rejoindre les « interstices » qu’offrent les rapports sociaux, les espaces vacants ou non « occupés » par les normes dominantes. Cet élargissement du terrain d’intervention pose également, selon moi, deux autres questions :

  • Cette « désinstitutionnalisation » des pratiques ne risque-t-elle pas de correspondre à une sorte de « colonisation » des interstices ?
  • À l’inverse, ce mouvement « d’aller vers » ne représente-t-il pas une opportunité pour « convertir » les pratiques des institutions du travail social ?

En conclusion, nous tenterons d’envisager à quelles conditions cette dernière piste est envisageable.

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1.   Un déplacement

Le premier aspect qui saute aux yeux quand on essaye de creuser cette démarche de l’aller vers, c’est l’idée de mouvement. Aller vers suppose de se déplacer. C’est ce que défend la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté en parlant de « démarche ». Mais c’est une démarche proactive qui est toute une aventure, aventure qui nous invite à opérer un pas de côté. Cependant, il ne peut s’agir d’un simple déplacement individuel de pratiques professionnelles personnelles. Aller vers mobilise également un déplacement de l’institution qui porte les organisations du travail social et mobilise les pratiques professionnelles.

1.1. La stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté[1]

La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté porte l’ambition de « lutter contre l’isolement, le repli sur soi, le renoncement aux droits des personnes les plus en difficulté[2] ». Pour ce faire, elle part du constat que « les formes de pauvreté évoluent » et qu’en conséquence, « les modalités d’intervention sociale doivent être repensées ». Le plan d’action intègre un volet de formation des travailleurs sociaux, « notamment pour développer les pratiques de « l’aller vers », répondre aux besoins réels et intervenir en cas de situations à risque ou de rupture qui peuvent conduire à l’exclusion. »

L’aller vers consiste à repérer et à prévenir, « avant que les difficultés ne soient installées ». Il s’agit de créer du lien, de renforcer la réflexion sur les situations. Cela ne doit pas se réduire à une « méthode » ou un « dispositif » mais être une « approche », une « démarche » qui se joue sur 2 niveaux : celui des pratiques professionnelles et celui des stratégies institutionnelles.

La note de cadrage de la formation « aller vers » nous livre une définition :

« L’aller vers est à entendre comme une démarche qui se situe au-delà de toute intervention sociale, qu’elle soit d’accueil, de diagnostic, de prescription, d’accompagnement. Cette démarche rompt avec l’idée que l’intervention sociale ferait systématiquement suite à une demande exprimée. Elle permet d’intégrer dans les pratiques les situations de non-demande de certains publics (pas seulement des personnes vulnérables) et engage les acteurs à se situer dans une pratique proactive, pour entrer en relation avec ces publics. »

1.2. Une démarche proactive

Aller vers, c’est donc opérer un déplacement : sortir de ce qu’on a l’habitude de faire pour aller vers l’autre, sortir de soi pour s’ouvrir à autrui. C’est donc d’abord une expérience à vivre, une expérience qui fait quitter les rives de ses conforts professionnels pour se laisser porter dans le courant de la relation.

Ce n’est pas un hasard si le concept d’aller vers trouve sa source dans les pratiques de la prévention spécialisée. Dès l’après-guerre, des éducateurs décident de quitter les institutions de l’époque (centres de rééducation, maisons de redressement…) pour aller vers les jeunes dans l’espace public. Le métier d’éducateur de rue s’est fondé sur la capacité à aller vers les jeunes en risque de marginalisation.

Aller vers, c’est prendre le risque d’une rencontre. Parce que la rencontre de l’autre, dans ce que cela peut avoir de radical, n’est pas une chose simple. Toute rencontre est marquée par l’épreuve de l’altérité. C’est-à-dire d’un double mouvement contradictoire :

  • D’une part la confrontation à l’étranger dans ce qu’il est de radicalement différent de moi, parce que sa vie, ses ressentis, ses émotions, ne sont pas les miens et nous éloignent l’un de l’autre.
  • Mais aussi, et dans le même mouvement, la confrontation à un autre soi-même qui partage la même expérience humaine.

Aller vers, c’est tenir les deux bouts de cette tension de l’autre étranger et semblable  (« mêmeté » et « ipséïté » pour parler comme Paul Ricœur). C’est une aventure…

Une aventure dont le chemin n’est pas tracé d’avance parce que, à l’image du Vendée Globe qui occupe nos médias en ce moment, on sait où on veut aller mais les chemins pour y parvenir dépendront de multiples facteurs : les aléas du contexte, des conditions, des personnes.

1.3. Un pas de côté

Si aller vers est un déplacement, ce n’est donc pas un déplacement en ligne droite. Il faut, pour rester dans une image marine, tirer des bords, virer ou empanner selon le sens du vent, barrer en tenant compte de la houle, ne pas trop mettre à l’épreuve le niveau de résistance du bateau.

Nous pouvons même aller plus loin en affirmant qu’aller vers, c’est faire un pas de côté. Un pas vers l’autre qui va nous dévier de notre trajectoire programmée. Car il s’agit bien d’aller rejoindre l’autre là où il est, là où il ne nous attend pas forcément.

Céline Adloff, éducatrice de prévention spécialisée (citée dans la bibliographie de la note de cadrage) indique plusieurs clefs pour aller vers. Sa sixième clef « suppose d’accepter d’être à la marge et de s’y mettre pour pouvoir créer avec la personne, à côté d’elle, pas loin de sa marge à elle.[3] » Elle cite cette belle phrase de Jean Oury : « Qui est-il cet étrange étranger qui s’échappe plus je l’approche ? Être au plus proche, ce n’est pas toucher, la plus grande proximité, c’est d’assumer le lointain de l’autre. »

Faire un pas de côté pour aller vers, ce serait accepter d’affronter ce « lointain de l’autre ».

1.4. Quitter les murs des institutions

Mais pour que ce déplacement soit possible, pour pouvoir s’aventurer en terre inconnue, nous ne pouvons limiter l’ambition aux seuls aspects relationnels. Au plan professionnel, toute question relationnelle mobilise la dimension institutionnelle.

Donc, pour opérer le déplacement que suppose l’aller vers, il nous faut réfléchir les moyens qui permettent au relationnel de s’inscrire dans un projet institutionnel. Pour le dire autrement, il nous faut voir comment l’institution vient au soutien de la relation.

Quand les pratiques professionnelles restent circonscrites au périmètre formel de ce qui est prévu, elles se trouvent naturellement étayées par les procédures internes de travail. Mais quand ces pratiques relationnelles sortent des cadres convenus, quand elles s’aventurent en dehors des limites de l’organisation, quand elles explorent des territoires vierges – du moins du point de vue de l’institution –, alors, il n’est pas évident que les pratiques des acteurs soient correctement portées par le cadre institué.

Par exemple, lorsque les Maisons d’Enfants à Caractère Social ont expérimenté ce qui est improprement nommé des « placements à domicile », il leur a fallu réviser de fond en comble les logiciels professionnels des équipes éducatives. Sortir des murs suppose de sortir des codes préétablis.

L’aller vers suppose donc un double mouvement de sortie des zones de confort : pour les travailleurs sociaux d’abord qui risquent des pratiques inédites de rencontre ; et pour les institutions qui doivent nécessairement repenser leurs modèles d’action et mettre en œuvre les moyens de soutenir l’aventure qu’engagent ses professionnels.

2.   Un changement de focale

La démarche d’aller vers, outre les déplacements qu’elle convoque, implique une modification des visées de l’action. Elle vise en effet à aller joindre et rejoindre les personnes vulnérables éloignées des dispositifs d’intervention sociale, ces personnes identifiées dans les agendas des dispositifs d’action comme étant en situation de non-demande. Il nous faut creuser cette notion. En arrière-plan, c’est la question du lien social qui est posée. C’est d’ailleurs la volonté de ravauder ces liens que porte la stratégie pauvreté. Et au-delà des liens, apparaissent les lieux, c’est-à-dire ces espaces de la vie sociale qu’entend rejoindre l’aller vers.

2.1. La « non-demande »

Derrière cette expression, on identifie les invisibles de l’action sociale mais aussi ceux qui renoncent – explicitement ou implicitement – à leurs droits, ceux qui sont hors des radars de l’action publique du fait de leur extrême précarité, ceux qui refusent les dispositifs publics par choix de la marginalité, etc.

Une première question est à poser : pourquoi cette inscription de la non-demande dans l’agenda des décideurs des politiques sociales ? Il me semble que cette attention portée à ceux qui ne viennent pas dans les dispositifs d’action sociale trouve son origine dans l’échec de certains dispositifs[4]. L’exposé des motivations de la stratégie pauvreté montre que l’éloignement de certains publics est source d’exclusion et de pauvreté. Le 4ème engagement du plan d’action – « Vers des droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité » – indique :

« Trop de familles, de travailleurs pauvres ou de personnes en situation d’exclusion méconnaissent leurs droits. Beaucoup d’entre elles refusent la stigmatisation qui s’attache au fait de toucher des prestations sociales, dans une société qui tend de plus en plus à culpabiliser la pauvreté, faisant progressivement prévaloir la responsabilité des individus en cas de difficulté sur celle de la collectivité. Cette lutte contre le non-recours exigera un effort accru des pouvoirs publics sur les territoires à travers la généralisation des accueils sociaux uniques, mais aussi et surtout dans le domaine numérique, à travers une simplification drastique des démarches et un meilleur accompagnement humain à l’usage du numérique, en lien avec la stratégie nationale pour un numérique inclusif du gouvernement. »

On ne peut que souscrire à cette ambition…

Cependant, il me semble important d’ouvrir une autre voie d’interprétation, complémentaire et critique. La non-demande, le non-recours, l’invisibilité sociale sont également à entendre comme des messages adressés à la société et à ceux qui décident de ses orientations en termes de politiques publiques.

La non-demande n’est pas une absence mais un silence. En matière de communication, les silences sont des messages à interpréter. Il revient donc aux décideurs des politiques sociales et aux professionnels de terrain d’entendre et de comprendre le message de la non-demande.

Ne pas utiliser son droit de recours aux biens communs de la solidarité nationale est un signal dont le sens est multiple. Cela peut signifier le refus de la stigmatisation sociale attachée au droit ouvert (« Je ne demande pas l’aumône »), le déni de l’échec d’un projet personnel ou familial de vie que signifie le recours à une aide publique (« Je suis encore capable de subvenir à ma famille »), la volonté de se différencier des publics cibles du dispositif concerné (« Je ne suis pas comme tous ces chômeurs »), le rejet du contrôle social porté par les dispositifs (« Jamais une assistante sociale ne mettra les pieds chez moi »), la conviction de l’inutilité de l’aide apportée (« Pour ce que ça va me servir… »), la méconnaissance des dispositifs d’accompagnement social (« On ne m’a jamais dit que ça existait… »), l’incapacité à activer la demande (« Je n’ai rien compris au formulaire »), etc. Toutes ces causes se combinent et se cumulent. Toutes remettent en cause le système d’intervention sociale qui est pris en défaut de ses travers et effets pervers, de ses insuffisances, de ses carences en matière de communication, etc.

2.2. La question des liens

Je voudrais m’attarder ici sur un aspect des questions que pose la non-demande qui concerne la relation entre intervenants, services publics et bénéficiaires. L’objectif de l’aller vers, c’est de (re)créer un lien entre la collectivité et les personnes isolées. Mais, forts de ce que nous venons de voir concernant la non-demande, une nouvelle question s’impose : Comment créer des liens sans aliéner ?

C’est toute la question du contrôle social qui se pose ici. Par l’aller vers, les pouvoirs publics veulent étendre l’efficacité et l’efficience de l’intervention sociale :

  • Améliorer l’efficacité, c’est vouloir couvrir plus largement l’espace social. Cette ambition correspond à la volonté de notre République sociale de ne laisser personne sur le bord du chemin. Mais le revers de cette médaille, c’est de placer tout le monde sous le joug d’une discipline inclusive.
  • Améliorer l’efficience, c’est réduire les mailles du filet de sécurité sociale afin que personne ne passe au travers. C’est le principe de solidarité qui s’exprime dans cet objectif. Mais le revers de cette deuxième médaille, c’est de renforcer la normalisation des comportements individuels.

Derrière la question des liens, c’est la conception des liens sociaux qui se pose. Voulons-nous une société de la conformité caractérisée par des seuils de tolérance très bas, des normes omniprésentes et très standardisées, des contraintes comportementales rigides ?

Le travail social, par sa capacité à porter attention aux personnes les plus fragiles quant à leur capacité à vivre les liens sociaux, à les accompagner dans les aléas de leurs parcours de vie, porte implicitement le projet d’une société plurielle, multiforme, où les degrés d’appartenances se modulent en fonction des personnes en se fondant sur le respect de ce qu’elles sont.

L’aller vers ne doit pas remettre en cause cette orientation fondamentale du travail social, travail « du » social, travail sur une société en constante transformation qui ne se fossilise pas sur des absolus mais évolue au gré de l’évolution de ses membres.

2.3. La question des lieux

À ce point de notre réflexion, nous pouvons faire un point rapide : L’aller vers, tel que nous venons de l’interpréter est un déplacement où le professionnel et l’organisation qui le porte quittent leurs zones de confort pour opérer un pas de côté dans l’aventure de la rencontre. Cette démarche proactive suppose un changement de focale. C’est-à-dire, pour rejoindre ceux qui sont le plus éloignés des dispositifs classiques d’action sociale, d’entendre et de comprendre les messages de ceux qui ne demandent rien aux institutions, de porter attention aux plus éloignés des liens sociaux traditionnels.

Cet objectif de travail suppose de s’intéresser à ce qui se passe dans ces espaces où le lien social est décousu, fragile, peu visible et souvent difficilement compréhensible. L’analyse doit passer des liens aux lieux.

Les lieux dont il est question sont des entre-deux, des lieux tiers, des lieux autres. En effet, aller vers suppose de se rendre dans les interstices des espaces sociaux habituels. Par interstice, j’entends ces écarts qui jalonnent l’espace social, écarts dans lesquels circulent des gens, des comportements, des idées. Ces éléments sont souvent peu visibles, ce sont des signaux faibles. Nous vivons dans une société de plus en plus marquée par ces écarts, ces interstices. La postmodernité a affranchi les individus de déterminismes sociaux qui pesaient lourd sur leurs destins. Aujourd’hui, chacun est « multi-appartenant » en combinant des liens sociaux, des identités personnelles et collectives, en ayant plusieurs activités qui ne se réduisent plus au seul métier, etc. Cette fluidification des liens identitaires, même si elle se concrétise dans des formes très distinctes, concerne toutes les strates sociales, tous les membres du corps social. Ce pluralisme des liens génère une pluralité de lieux. Ces lieux sont marqués par des interstices : espaces intermédiaires qui permettent des passages, des transitions, des déplacements.

Il me semble nécessaire de prendre un exemple concret pour expliciter cette intuition : Les formes d’errance ont évolué dans notre société. Il n’est qu’à voir le développement du phénomène des squats. Ces lieux de vie et d’habitat sont hors des normes du logement classique. Ils représentent cependant une manière d’habiter. En ce sens, les squats peuvent s’analyser comme des espaces interstitiels des politiques du logement et plus particulièrement du dispositif « un logement d’abord ». En tant qu’interstices, ils nous disent quelque chose d’utile sur les parcours d’habitat des personnes en difficulté. L’aller vers consiste alors à aller rejoindre les habitants de squats, pas uniquement pour les en sortir – ils ne le souhaitent pas tous – mais aussi pour comprendre ce qu’ils disent à la société, aux politique d’urbanisme, à l’aménagement des territoires.

3.   Perspectives

Quelles perspectives ouvrent les analyses que nous venons d’envisager ensemble ? Progressivement, nous avons pris la mesure des effets induits par l’aller vers. D’un simple slogan alimentant un programme d’intervention sociale, nous sommes passés à une nouvelle perspective d’action qui ébranle tous les registres, depuis les pratiques professionnelles de terrain, en passant par les programmes institutionnels et les fonctions organisationnelles du travail social, jusqu’aux manières d’envisager les politiques publiques dans leur ensemble.

L’aller vers éclaire autrement les conceptions des institutions, la manière de traiter les liens sociaux et, finalement, ouvre des perspectives différentes pour l’action.

3.1. Désinstitutionnalisation ?

L’aller vers aurait-il quelque chose à voir avec cette idée – qui alimente de nombreux débats –, selon laquelle nous devrions désinstitutionnaliser les institutions ? Selon une conception hypermoderne du monde – qui se résume à construire une société de marché, seule forme de vivre ensemble supposée apte à garantir le bien-être de tous ses membres –, moins il y aura d’institutions moins il y aura de risques de porter atteintes aux libertés individuelles.

L’aller vers pourrait bien participer à ce mouvement de désinstitutionnalisation en ce sens qu’il est une incitation à aller au-delà des périmètres institutionnels. Mais « aller au-delà » des frontières ne peut signifier « passer outre » les limites des organisations du travail social. Aller vers, dans ce sas, signifierait s’affranchir des fondements de droit des structures, des références politiques qui les fondent, des principes éthiques et déontologiques qui les régissent pour envoyer les acteurs sur les territoires à la rencontre des individus qui les peuplent sans autre forme ni autre cadre que d’aller vers eux. Dans ce contexte, l’aller vers ne constitue certainement pas un cadre de travail suffisant pour être pertinent ni assez sécurisant pour garantir la qualité de l’intervention des professionnels.

Il nous faut donc être précis quand nous parlons d’aller vers dans un contexte de désinstitutionnalisation des organisations du travail social. Il y a un grand intérêt – et c’est là le fondement de l’intuition de l’aller vers – à aller au-delà des frontières des organisations de travail. Cet « au-delà » libère l’imagination des acteurs, la créativité de la relation et la capacité d’innovation des organisations. Cet « au-delà » accroît les marges de manœuvre des professionnels en leur permettant de s’ajuster au plus près des réalités de la personne rencontrée, de s’adapter à sa demande, d’harmoniser l’action dans une co-construction avec l’intéressé(e).

Selon la perspective ouverte ici, la désinstitutionnalisation ne signifie pas la désagrégation de ces lieux du vivre que sont les institutions d’action sociale mais leur refondation selon des principes de proximité, de souplesse et de porosité à leur environnement. Et dans ces institutions-là, l’aller vers a tout son sens !

3.2. Colonisation des interstices ?

Sortir les professionnels du travail social de leurs institutions ne revient-il pas à développer un quadrillage social, une police des marginaux ? Après tout, s’ils ne demandent rien, pourquoi aller chercher ces membres récalcitrants de la vie sociale ? L’aller vers peut ainsi apparaître comme une volonté de l’ordre social d’occuper tout l’espace sociétal, de ne plus laisser de lieux vacants, de tout contrôler.

Aller vers serait alors une vaste entreprise de colonisation de ces interstices que nous avons plus haut définis comme la condition même d’une vie sociale plurielle et multiforme, condition de la socio-diversité indispensable à la transformation permanente d’une société qui se produit par elle-même.

Ce risque d’une prise de pouvoir de « colons du social » sur les publics les plus vulnérables est à prendre en considération quand nous parlons d’aller vers.

Par exemple, nous rêvons d’EHPAD[5] hors les murs, symbole d’un aller vers des personnes âgées dépendantes à leur domicile. Mais le risque, dans une démarche qui n’interroge pas ses effets induits, c’est de transformer le domicile en hôpital, de laisser le monde sanitaire coloniser l’espace de vie privée des familles. Faut-il aller dans ce sens ?

La bonne volonté ne suffit pas à éradiquer le danger d’une société de l’ordre. D’aucun rétorqueront que le travail social est précisément pris au cœur de ce paradoxe d’assurer en même temps l’intégration de ses publics cibles par des comportements socialisés – ou du moins acceptables par la société – et de les libérer des déterminismes qui pèsent sur leurs destins. Logique d’ordre et dynamique de mise en mouvement sont les deux polarités entre lesquelles évoluent les missions du travail social. La sagesse voudrait que la solution réside dans un bon dosage de ces orientations, une sorte de moyen terme qui trouverait un point d’équilibre. L’aller vers consisterait alors à sortir des structures sans trop s’éloigner, à risquer la rencontre sans trop fragiliser sa posture professionnelle. Ces pistes tièdes ne me semblent pas très séduisantes.

Entre l’ordre nécessaire au vivre ensemble et le mouvement d’une société dont la survie dépend de sa capacité à constamment évoluer, l’aller vers ouvre une troisième voie que j’ai nommée « conversion ».

3.3. Conversion des organisations du travail social ?

Cette troisième voie transcende l’enfermement dans l’alternative ordre / mouvement qui nous bloque dans une vision clivée des choses. Elle se joue au plan personnel des pratiques professionnelles et au plan institutionnel d’un projet politique.

Au plan des pratiques, l’aller vers a pour point d’appui et pour finalité le développement du pouvoir d’agir des personnes vers lesquelles va le travailleur social. Développer les capacités d’action des personnes rencontrées constitue l’alfa et l’oméga de l’action, son point de départ – le socle référentiel qui détermine l’action – et son point d’arrivée – la finalité visée. C’est cette ambition qui évite les ornières évoquées tout au long de cet exposé. Mais alors, quelles sont les conséquences pragmatiques de cette option ?

  • Une première conséquence est que le professionnel quitte ses postures au bénéfice de nouvelles positions. Le terme posture équivaut à la place qu’occupe une forteresse au sommet d’une colline. Elle se trouve là de manière immuable et domine le paysage sans pouvoir bouger, même quand le théâtre des opérations se déplace. Le terme de position exprime une visée plus stratégique, plus apte à s’adapter en permanence aux configurations du terrain. Aller vers revient à quitter la forteresse pour aller sur le terrain dans une disposition très mobile.
  • Une second conséquence, découlant de la première, est que le professionnel, en allant vers, quitte ses certitudes. S’il a besoin de quelques convictions fortes pour conduire son action – convictions reposant sur son professionnalisme, c’est-à-dire sa capacité à élaborer une stratégie par le croisement de ses connaissances théoriques et de ses expériences pratiques – il doit pouvoir remettre en cause toutes les prénotions qui font écran à la découverte d’autrui.
  • Une troisième conséquence, pour se limiter à trois, repose sur les potentiels que mobilise la personne vers laquelle est allé le professionnel pour qu’elle prenne en main son destin. Le pouvoir d’agir est une capacité à changer les choses (conditions de vie, contexte social, économique…). Cette aptitude à transformer ses conditions d’existence parce qu’elles posent problème, nous garantit contre un aller vers qui serait la simple colonisation des comportements par un ordre social imposé de l’extérieur.

Au plan des institutions, l’aller vers n’est pas à envisager comme une démarche de conquête (de nouveaux territoires d’action, de nouveaux publics) mais comme une exploration. Il s’agit de convertir – au sens fort du terme[6] – les institutions d’action sociale et les organisations de travail qui en sont le bras armé. Cette option entend s’opposer à la colonisation de nouveaux espaces sociaux dans une société où la rationalité instrumentale gagne chaque jour du terrain, où les seuils de tolérance à l’égard des comportements sociaux se réduisent de plus en plus, où le contrôle social, selon des principes rigides de conformité, se développe.

Il ne s’agit pas de gagner du terrain dans la maîtrise des comportements et le contrôle des publics déviants, il s’agit de convertir les organisations par le contact avec ces groupes sociaux, ces communautés humaines vivant d’autres cultures, d’autres références, d’autres pratiques sociales, sans jugement de valeur a priori. Il est bien ici question d’une démarche exploratoire au sens ethnographique du terme, c’est-à-dire d’aller à la rencontre de peuplades relativement inconnues et de tirer du choc de cette rencontre des conclusions sur les transformations nécessaires de nos codes sociaux.

Le but est d’accroître la souplesse de nos référentiels, de rendre plus fluides les rapports sociaux sur le fondement de reconnaissances réciproques entre personnes, entre groupes, entre cultures. Il me semble que c’est à ce prix que nous pourrons réellement avancer franchement vers une société plus inclusive.

Nous mesurons alors ce que cela suppose de transformation des organisations de travail social et pourquoi nous pouvons être convaincus qu’au prix de ces efforts, de ces pas de côté, l’aller vers est une opportunité pour les institutions d’action sociale.

Conclusion

Pour conclure, je vous propose de reprendre les contenus des modules de formation suggérés par la note de cadrage de la formation « aller vers » de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté et d’y apporter quelques remarques :

MODULE 1 : ALLER VERS : UNE NÉCESSAIRE PRÉPARATION

Compétence 1 : Les raisons de l’aller vers, éléments d’histoire

Préambule : les axes de la stratégie pauvreté et les liens avec le travail social (cf. finalités/objectifs de la

formation)

Les origines de la question de l’aller vers : Un champ de pratiques qui a irrigué divers pans de l’intervention

sociale tout au long du 20ème siècle tant en Amérique du Nord qu’en Europe.

Les défis actuels de l’aller vers : Lutter contre le «non-recours», prévenir la «désaffiliation sociale» : enjeux de l’intervention sociale «hors les murs» auprès de personnes qui ne sont pas en demande

Une éthique relationnelle avec les personnes en situation de «décrochage social» : Inconditionnalité, juste

proximité, écoute, libre choix des personnes concernées.

D’abord, nous pouvons constater un conflit d’objectifs. La stratégie situe l’aller vers plutôt comme une stratégie pour rejoindre des publics éloignés des dispositifs, en non-demande, pour lutter contre le non-recours. C’est dans une toute autre visée que je situe l’aller vers comme opportunité de refonder les institutions du travail social. La réduction de cette ambition à une simple manœuvre de conquête de nouveaux publics est un risque.

Ensuite, l’éthique relationnelle présupposée est à retenir dans toute sa force pragmatique. L’aller vers ne souffre aucune condition préalable. S’il n’est pas une action de colonisation, il suppose effectivement cette juste proximité avec les personnes (ni distance froide, ni collage dévorant) et mobilise des capacités d’écoute au sens de comprendre les messages de ces personnes tel que nous l’avons évoqué. Un absolu domine l’aller vers : la liberté des personnes. C’est à cette condition que l’aller vers ne sera pas une nouvelle entreprise de normalisation.

Compétence2 : Définir le besoin d’une pratique de l’aller vers en contexte professionnel

Aller vers pourquoi ? Identifier les raisons de pratiquer une démarche d’aller vers, les objectifs à atteindre, les changements à produire.

Aller vers qui ? Repérer dans son territoire d’intervention, au-delà des publics déjà identifiés, les personnes concernées qui n’expriment pas de demandes et/ou qui n’ont pas accès à leurs droits et/ou avec qui il serait nécessaire de prendre le temps de rentrer en relation.

Le « pourquoi » d’une démarche d’aller vers n’est pas simplement une question tactique. C’est une question éminemment politique. La manière dont le travail social fait lien sans aliéner, tel que nous l’avons posé plus haut, concerne non seulement la question des libertés individuelles mais, plus largement, la place de chacun dans la cité, quelles que soient ses particularités, ses difficultés, ses choix.

En conséquence, la question de « qui » est déterminante. Les publics visés par l’aller vers sont définis dans la stratégie pauvreté (public en non-demande au-delà des seules personnes vulnérables). Mais sur quels objets est réglée la focale ? Ces personnes marginalisées par les dispositifs publics d’intervention sociale sont-elles ciblées parce qu’elles représentent un risque pour la cohésion de la société[7] ? Cette option oriente l’action vers le contrôle social. Ou ces personnes sont-elles ciblées pour le risque qu’elles courent pour elles-mêmes (en termes d’exclusion sociale, de stigmatisation et de relégation, d’extrême pauvreté…) ? Dans ce cas, l’aller vers consiste à mieux comprendre qui elles sont, à appréhender leurs besoins, à entendre ce qu’elles ont à dire, à envisager, avec elles, les actions à engager…

Compétence 3 : Définir les conditions de mise en œuvre de l’aller vers en contexte professionnel

Intégrer les incertitudes de la pratique de l’aller vers : Une durée imprévisible de la démarche, une possibilité d’ajustement tout au long, une incertitude des résultats.

Préparer les conditions organisationnelles : Ajuster les fonctionnements courants des structures à la pratique de l’aller vers, garantir le temps et la disponibilité pour une démarche d’aller vers, permettre une prise d’initiative (en interne et en externe), appréhender la prise de risque inhérente à la démarche.

Intégrer l’incertitude est une orientation qui fait rupture avec les tendances lourdes qui s’imposent au travail social qui apportent régulièrement de nouvelles contraintes (recommandations des bonnes pratiques, rendus comptes, statistiques, performance, temporalités brèves…). Nous pouvons nous réjouir que l’aller vers invite à briser ces codes.

Le second item relatif aux transformations nécessaires des organisations apporte du crédit à mon exposé précédent. La pratique de l’aller vers engendre bien une mutation des organisations – j’avais parlé de conversion. Les termes sont forts : « temps », « disponibilité », « initiative », « prise de risque ».

MODULE 2 : ALLER VERS : UNE MISE EN PRATIQUE OUTILLÉE, CONCERTÉE ET PROACTIVE

Compétence 4 : Identifier les « techniques » de l’aller vers

Les approches pour faciliter la création de liens et la réflexivité : La pair-aidance, le développement du pouvoir d’agir, le référent de parcours, les conférences familiales, la clinique de concertation, la médiation sociale…

Les outils/techniques favorisant le aller vers dont le numérique.

Force est de constater qu’en abordant les « techniques », la note de cadrage tend à rabattre les pratiques vers les habitudes qui marquent les manières de faire des professionnels de terrain. Qu’il est difficile de quitter le confort des routines pour innover ! L’innovation suppose de faire ce qui ne se faisait pas avant. Elle suppose une mutation, une évolution, une transformation de ce qui se faisait avant. L’enjeu de l’aller vers, pour les travailleurs sociaux, est de ne pas reproduire leurs méthodes d’intervention auprès de nouveaux publics mais d’en inventer d’autres, avec eux. Cette orientation ne remet pas en cause les expertises des professionnels, elle les invite à les mettre en œuvre sur de nouvelles scènes, selon d’autres scénarios, en les accompagnant de nouvelles orchestrations.

La question des pratiques numériques ne pouvait être occultée par la stratégie pauvreté. Les outils numériques peuvent être à la fois un média relationnel, une ressources de données, un espace de production partagée et un support pour la visibilité des actions. L’enjeu ici n’est peut-être pas la fracture numérique (les techniques d’information et de communication ne font que reproduire les rapports sociaux et les lignes de faille de la société) mais la manière dont l’aller vers permet de découvrir de nouveaux continents pour le travail, social : réseaux sociaux, communautés Web, nouvelles distribution des connaissances, etc.

Compétence 5 : Mesurer le besoin et la possibilité de coopérer avec d’autres acteurs

Comment identifier les raisons d’une coopération ? Repérer des publics inconnus, être mis en relation, coordonner les acteurs de l’aller vers, réaliser l’aller vers avec le public visé.

Comment identifier les acteurs du territoire avec qui il est nécessaire et possible de coopérer ? Bénévoles, médiateurs, travailleurs pairs…

Comment identifier les outils et les dispositifs facilitateurs ? L’observation sociale, les instances de concertation, d’instruction ou de décision, les réseaux informels, les réseaux des personnes concernées, les appartenances communautaires…

Comment déterminer le type de collaboration souhaitable ? Cadre, engagements, durée.

Les items de cette compétence 5 sont essentiels à mes yeux. Car l’aller vers ne peut être une question professionnelle solitaire, nous l’avons déjà dit. Nous avons vu que la démarche devait être portée par l’institution et son organisation. Elle est aussi une affaire collective entre intervenants. Aller vers suppose de collaborer à plusieurs. Pour le dire autrement, l’aller vers a besoin de passeurs. C’est-à-dire d’acteurs qui, dans les territoires, font médiation entre les professionnels de l’intervention sociale et les personnes isolées, éloignées, hors cadre. À bien y regarder, les territoires regorgent de passeurs que le travail social n’utilise pas ou trop peu. Quelques expériences de recherches actions m’ont permis de repérer, par exemple, le rôle joué par le boulanger dans un quartier, le facteur de liens d’un petit bar dans un hameau, l’amplificateur d’informations d’un camelot sur un marché rural, etc. Tous ces acteurs sont des passeurs des territoires, des médiateurs de l’aller vers.

Le cercle des porteurs de projets s’élargit ainsi bien au-delà des limites des organisations classiques, il associe des acteurs de toutes origines, de toutes compétences. Les instances deviennent des sortes d’agoras qui réunissent les parties prenantes en transcendant les clivages des compétences spécifiques et des domaines d’intervention clos.

Les formes de coopération s’assouplissent pour s’adapter au terrain. Elles deviennent liquides, elles compensent et s’ajustent. Elles supposent une réelle capacité des institutions à prendre en compte l’informel comme un élément consistant des pratiques. C’est d’ailleurs ce qu’ont révélé les deux confinements dus à la COVID 19. Les professionnels du social n’ont pas été réellement mis en difficulté par les changements des cadres d’activité (distanciel, présentiel, gestes barrière…) mais ils ont été handicapés par la disparition de tous les liens et lieux informels qui accompagnent leur travail au quotidien.

Compétence 6 : Suivre les effets de l’aller vers sur les personnes concernées, les pratiques et les organisations

Les impacts sur les personnes concernées : Comment les acteurs expérimentés s’intéressent-ils aux impacts sur les comportements et les situations ?

Les impacts sur les structures de l’intervention sociale : Quels effets sur les pratiques et les métiers, les organisations et les partenariats, les acteurs expérimentés perçoivent-ils ? Comment les analysent-ils ?

Les préconisations pour intégrer durablement l’aller vers : Que pensent les acteurs expérimentés des conditions nécessaires pour intégrer durablement l’aller vers dans le fonctionnement des structures de l’intervention sociale ?

Pour finir, la mesure d’impact de l’aller vers est une dimension essentielle si nous voulons dépasser le simple mouvement de mode. L’aller vers représente, finalement, une révolution copernicienne des pratiques et des organisations, une transformation de la « nature et de la fonction » de l’action sociale, un « retournement du sens du mouvement en cours », l’adoption de « nouvelles valeurs » (pour reprendre les définitions du mot « conversion » citées plus haut). Tout l’enjeu sera donc de se doter d’indicateurs qualitatifs – et non pas quantitatifs – permettant d’évaluer les impacts de l’aller vers tant sur les pratiques professionnelles que sur les organisations du travail social.

Mais une « intégration durable de l’aller vers dans le fonctionnement des structures de l’intervention sociale » suppose d’aller plus loin. En effet, cela supposerait de repenser à nouveaux frais :

  • La place et le rôle de l’État dans la conduite des actions de solidarité nationale et notamment des financements à la hauteur des besoins ;
  • La reconnaissance du secteur associatif – qui porte près de 80% des actions sociales et médico-sociales en France – par un partenariat affranchi des velléités tutélaires de la puissance publique sur les initiatives citoyennes ;
  • Les modalités de contrôle des activités qui ne relèvent pas de critères de performance – essentiellement envisagés sous un angle économique – traduits en contraintes bureaucratiques ;
  • La tendance à la standardisation des pratiques trop portée par une vision technocratique du travail social ;
  • La manière de « faire ensemble » avec les personnes concernées par les interventions sociales qui sont sujets de droits avant d’être de simples bénéficiaires.

Aller vers pour aller où ? C’était la question posée par cet exposé. Sans hésitation : Aller où ? c’est pour aller explorer ces pistes. Mais cela demanderait une nouvelle conférence…

[1] Rappel des 5 engagements de la stratégie pauvreté : 1. L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté ; 2. Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants ; 3. Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes ; 4. Vers des droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité ; 5. Investir pour l’accompagnement de tous vers l’emploi.

[2] Note de cadrage de la formation « aller vers » : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/note_de_cadrage_aller_vers.pdf

[3] « Aller vers » pour lier avec les personnes à la marge, Céline Adloff, Dans VST – Vie sociale et traitements, revue des CEMEA 2018/3 (N° 139), pages 5 à 12.

[4] En 2010, le taux de non-recours Revenu de Solidarité Active, remplacé en 2016 par la prime d’activité, était de 33% pour le RSA socle et de 68% pour le RSA activité. En 2018, le taux de non-recours à la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C) était de 44% et à l’Aide au paiement d’une Complémentaire santé (ACS) de 67%. (source : Dossiers de la DREES, n° 57, juin 2020, Le non-recours aux prestations sociales : Mise en perspective et données disponibles).

[5] Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

[6] « Changement, par retournement, du sens d’un mouvement en cours. (…) Mouvement tactique qui amène un corps de troupe à changer la direction de son front en pivotant autour de l’une de ses extrémités en ordre serré.(…) Changement, transformation d’un objet dans sa nature ou sa fonction.(…) Fait d’adopter une nouvelle religion en abandonnant sa religion, ses convictions antérieures.(…) Complète transformation spirituelle et morale.(…) Fait d’adopter de nouvelles valeurs (morales, esthétiques, etc.).(…) Changement radical » Centre National de Ressources Textuelles et lexicales.

[7] Cf. l’article L 116-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles : « L’action sociale et médico-sociale tend à promouvoir, dans un cadre interministériel, l’autonomie et la protection des personnes, la cohésion sociale, l’exercice de la citoyenneté, à prévenir les exclusions et à en corriger les effets. » (souligné par nous).

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